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Les jeunes travailleurs de l'économie informelle : Analyse Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Secretariat International   
24-08-2007
Aujourd'hui dans le monde, plus de 500 millions de personnes travaillent dans l'économie informelle et ne jouissent d'aucun droit et d'aucune protection légale. Elles vendent des produits ou des services sur les marchés et dans les rues, elles travaillent dans l'agriculture, le bâtiment, la pêche, la mécanique, à domicile, elles ramassent les poubelles, recyclent les déchets, etc. La plupart sont contractées par des tierces personnes pour leur travail ou dépendent d'elles. Les relations du travail sont irrégulières et se font avec plusieurs employeurs. Mais nombreux sont ceux qui travaillent aussi à leur compte ou pour la petite entreprise familiale. Cette dernière catégorie d'emplois est souvent réservée aux femmes et aux jeunes qui sont exploités et non protégés.

Travailler dans l'économie informelle signifie aussi n'être protégé par aucune inspection du travail et ne jouir d'aucun système de sécurité sociale dans le pays où l'on vit. Il n'y a pas de revenus ni d'horaires fixes, pas de vacances, pas de soins de santé, pas de protection couvrant les enfants et la famille, pas de congé de maternité, pas de pension, pas de normes de sécurité. Le contraste est énorme entre les conditions de travail dans l'économie informelle et celles du secteur formel. Dans des pays comme l'Inde, environ 93% de la population active travaille dans l'économie informelle et contribue à plus de 60% du PNB. En Afrique, en Amérique latine et en Asie, c'est le secteur informel qui contribue à la majeure partie de l'économie.

Les jeunes travaillent dans ces conditions d’exploitation et d’insécurité pour survivre et éviter d'être confrontés au chômage mais souvent, leurs revenus ne leur permettent pas de répondre à leurs besoins élémentaires. Dans des pays tels que la Thaïlande et le Ghana, même les travailleurs formels travaillent dans l'économie informelle après leurs heures de travail normales afin d'augmenter quelque peu les maigres revenus de leur famille.

Puisqu'il n'existe aucune loi qui établisse un salaire minimum pour protéger les jeunes travailleurs ayant ce type d'occupation, ils n'ont d'autre choix que d'accepter le salaire payé par les employeurs. Bien que la Conférence de l'Organisation Internationale du Travail ait étendu les conventions fondamentales aux travailleurs de l'économie informelle, il faut encore que leurs droits soient respectés.

La réponse de la JOCI : un travail juste pour toutes et tous dans l’économie informelle

En 1997 à Alexandrie (Egypte), avec les jeunes travailleurs de l'économie informelle, la JOCI a dégagé une vision d’avenir. La réalité des travailleurs informels a de nouveau fait l'objet d'une analyse lors du Conseil international de la JOCI organisé à Bruxelles en 2000 et une campagne internationale a été lancée en faveur des droits de ces jeunes travailleurs.
Vision pour les jeunes travailleurs de l’économie informelle :
• Avoir une reconnaissance juridique, économique, politique et sociale.
• Jouir des mêmes droits et conditions que les travailleurs formels.

Plus de 90 000 signatures ont été recueillies auprès de jeunes travailleurs de l'économie informelle, de sympathisants et d'organisations qui les soutiennent, réclamant une protection juridique et sociale. Elles ont été présentées aux gouvernements, à l'OIT et à d'autres institutions de l'ONU. La JOCI participe chaque année aux conférences de l'Organisation internationale du travail et continue à faire pression pour le respect des droits des jeunes travailleurs de l’économie informelle. En 2004, le Conseil international qui s'est tenu à Caracas (Venezuela) a dégagé une vision à long terme pour la campagne.

Campagne mondiale pour la protection sociale

Les travailleurs de l'économie informelle ne sont nullement protégés contre l'instabilité et l'insécurité de leur emploi. L'absence de protection sociale est la principale cause de leur vulnérabilité.

La JOCI estime qu'il est temps que les gouvernements, les organisations de travailleurs et les travailleurs eux-mêmes agissent ensemble pour mettre en place une protection sociale dans l'économie informelle. Les politiques et programmes de protection sociale pour les travailleurs de l'économie informelle doivent assurer la couverture de certains besoins essentiels tels que :

• Des revenus fixes
• Des horaires de travail fixes
• Un accès à des congés de maladie payés
• Des indemnités en cas d'accident
• Des congés de maternité payés
• Des installations sanitaires
• De l'eau potable
• Des transports abordables
• Des programmes d'assurance
• Des pensions de retraite
• Une éducation et une formation abordables et de qualité.

La JOCI a lancé une enquête sur la protection sociale auprès de jeunes travailleurs de l'économie informelle. Cette enquête est menée en Afrique, aux Amériques et en Asie.

La publication des résultats de cette recherche est prévue pour janvier 2008. Elle sera suivie d’une campagne internationale de signatures en faveur d'une protection sociale pour les travailleurs de l'économie informelle. Les signatures recueillies et les revendications seront présentées aux gouvernements locaux et à l'OIT. N'hésitez pas à consulter régulièrement ce site web pour vous tenir au courant de l'évolution de cette campagne.

Thiruvalluvar Yovel
Thiruvalluvar Yovel
Président de la JOCI

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